La dernière du Mexique



On ne voyage véritablement qu'en multipliant les sédentarités à l'étranger.

Nous sommes arrivés le 18 février á Huatulco,
station balnéaire de la cote Pacifique.
Les "Bahías de Huatulco", 9 baies magnifiques ,
présentent une diversité naturelle extraordinaire.
Les montagnes aux forets tropicales longent les plages,
et deux rivieres entourent ce paradis décrété parc national.
Saveurs épicées, "cumbia" a toute heure du jour et de la nuit,
contrastes climatiques et géographiques,
culture préhispanique omniprésente, faune et flore exotiques,
influence américaine, mouvements révolutionnaires...
nous faisons connaissance avec ce pays grand comme trois fois la France,
et complexe comme un continent entier.

Jeudi 23 juillet 2009



Il y a la belle route fédérale qui mène à la UMAR, Universidad del Mar, depuis la Crucecita.

Et puis, sur le côté droit, juste avant le pont, il y a ce chemin de sable, qui s’enfonce dans la végétation en descendant à pic. Quand on l’emprunte, on dirait un peu le lit d’une rivière disparue, des filets d’eau des dernières pluies trace des sillons lumineux.

Le vaillant combi se sent bien sur ce terrain un peu accidenté. De chaque côté du sentier, la forêt, et de temps en temps, une cabane en tôles et en bois. Des gens vivent là, tellement proches de cette route fédérale et à la fois tellement isolés. Le lieu s’appelle l’Arenoso (le sablonneux).




Au bout du chemin, un puits, des poulets effrayés qui courent dans tous les sens, des petites filles qui vont prévenir leur mère qui s’active dans la cabane en haut de la butte. C’est ici qu’on vient manger quand on veut faire le plein d’affection et de chaleur humaine.




La spécialité de la casa, le poisson, bien sûr, que la Doña Lupe prépare comme on le souhaite : grillé, aux herbes, à la talla (sauce au chili). Cette petite femme régale tous les amis de son ami Lalo (un étudiant de la Umar), pour une poignée de pesos, et offre les jarres d’eau parfumées aux fruits, les tortillas, les frijoles et le café. Son mari promène sa bedaine joviale au milieu des tables, ne crache jamais sur un mezcal de fin de repas, et écoute nos conversations en se marrant en coin. Pour ma copine chinoise Tao, qui a du mal à monter la butte avec ses chaussures à talons et à paillettes, il a taillé quelques petites marches.




On vient là, à l’heure de la pause déjeuner, et le rituel commence : embrassades, comment ça va depuis le temps (une semaine maxi), combien vous serez aujourd’hui, qu’est-ce que vous avez aujourd’hui Doña Lupe, asseyez-vous, les filles apportent l’eau (et parfois même une grosse assiette de crevettes offerte par la maison, pour patienter…)



La dernière fois qu’on y est allés, c’était pour dire au revoir à la famille avant nos départs respectifs : les profs dans leurs pays natals, les étudiants dans leurs familles ou dans les villes où ils feront leurs stages cet été.




On a bien mangé, pris plein de photos, et le mezcal a coulé à flot, parce que personne ne retournait à la fac après. Cheque a sorti sa guitare, et a chanté des chansons populaires mexicaines, chansons d’amours, chansons mélancoliques, nostalgiques d’un bonheur passé… L’alcool, le goût amer d’une période agréable qui s’achève, l’amitié, tout cela aidant, on avait un peu la larme à l’œil à la fin (surtout moi, oui j’avoue).




En partant on a pris les rendez-vous pour le retour : je dois aller un samedi d'août à l’Arenoso pour apprendre avec Doña Lupe à cuisiner le poisson à la talla, et pour offrir à son mari une bouteille d’alcool typique de mon pueblo.

Manger et boire, quelle manière merveilleuse et tellement simple de créer des liens forts entre des gens si différents. Un peu de musique pour couronner le tout et c’est la pura vida, comme ils disent ici, presque sans s’en rendre compte…

Par kristel lodewijk
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Mercredi 1 juillet 2009

 

… ou comment tomber définitivement amoureux du Mexique, et accessoirement, de sa cuisine .

 pour l'album photo complet : Expedition a Tututepec Expedition a Tututepec 
 

 

Je connaissais l’isthme, Tehuantepec, Juchitan, le zapotèque et les velas, à l’est de Huatulco. Il me manquait d’aller fouiner à l’ouest. C’est chose faite depuis ce week end, puisque mon ami Ezequiel, Cheque pour les intimes, nous a invités dans son village (dont la moitié de la population est composée de sa famille…) : Tututepec.



 

Tututepec, c’est un petit village, perché à 300 mètres d’altitude, sur la côte Pacifique, à une heure de Puerto Escondido. Il est situé dans une région mixtèque, qui abrite encore des pueblos aux traditions préhispaniques animistes très ancrées.



La légende dit que les Mixtèques ont été créés par les Dieux, et qu’ils ont été enfantés par les arbres. Je veux bien le croire, car la végétation, aussi incroyable soit-il, est encore plus dense et verte qu’à Huatulco, et toute l’année en plus. Des fleuves, rios, lagunes, mangroves alimentent en permanence les forêts des montagnes et les palmiers de la côte.  Les Mixtèques ont été l’une des civilisations les plus puissantes de l’actuel état de Oaxaca, aux XIème et XVIIème siècles et ont résisté très vaillamment  à l’invasion aztèque jusqu’au XVIème siècle à l’arrivée de Cortez.

 










Le but de ce voyage était triple : Cheque devait s’entretenir avec des responsables politiques de la région afin de connaître leur point de vue sur le barrage qui va être construit sur le fleuve Rio Verde qui alimente la lagune, et en faire un article pour la fac. Un barrage évidemment construit par des entreprises privées étrangères, qui ne va sûrement pas profiter aux rancheros du coin.


Masimango, le prof congolais de politique internationale spécialiste de l’Afrique, venait pour rencontrer la population afro-descendante, puisque Tutu, tout comme la laguna de Chacahua et les villages alentour ont accueillis beaucoup d’esclaves africains durant la colonisation, qui s’y sont installés  et ont gardé leurs cheveux crépus et leur couleur sombre.


Et enfin nous (quand je dis nous, je me réfère à Tao, ma collègue chinoise, Richard mon collègue anglais et moi) on venait pour connaître le coin et rencontrer la famille de Cheque parce qu’on n’est jamais les derniers pour  découvrir de nouveaux lieux.

 



Après 4 heures de route dans la Zombie (c’est le nom de la voiture de Cheque, qui le porte assez bien, d’aillleurs, puisqu’on a du s’arrêter le long d’un champ de cacahuètes pour régler quelques pièces défaillantes),



on arrive à Santa Rosa, où le frère de Cheque nous attendait pour nous faire goûter le bon pozole de son comedor. Un pozole c’est une sorte de bouillon de maïs, à la viande, en générale de poulet ou de porc, qui se mange bien chaud et dans lequel on ajoute des sauces, herbes, oignons crus … Un bon repas et l’occasion de se faire inviter pour le soir à la fête du village.

 



Puis on arrive au rancho de Cheque. Dans cette région tellement fertile et riche, les terres sont divisées en terrains immenses, sur lesquels les propriétaires  cultivent des papayes, mangues, cacahuètes, basilic, bananes de toutes sortes, ou bien élèvent des vaches, chèvres.

 

Cheque cultivait du basilic, et maintenant il laisse ses terres à des gérants qui s’en occupent, en attendant qu’il sorte de la fac, où il est venu faire une licence de Relations Internationales. Il est comme ça, Cheque, la quarantaine, il sait conduire des avions, monter à cheval, a une petite fille de 7 ans, cultive tout ce qu’il veut, joue au foot et étudie à la Umar, vend du miel et offre des bananes... Un vrai personnage.

 





Au rancho on prend le temps de se vautrer dans l’herbe, de lancer des pierres pour faire tomber les mangues, et Richard, convaincu d’être un vrai mixtèque né d’une branche d’arbre, se met dans l’idée de nous faire une démonstration d’escalade, pour essayer d’attraper une mangue, et perdant le contrôle sur une branche morte, s’écrase sans un bruit ni un mouvement 2 mètres plus bas. Bah oui c’est ça de défier les Dieux des Arbres, ils se vengent après… Une bonne frayeur, et un long fou rire de soulagement quand il se relève sans aucun mal.

 










Puis c’est parti pour le tour de la famille, à Tutu : on rencontre la mère de Cheque, veuve depuis quelques mois seulement et encore très fragile ; la sœur et son mari qui nous préparent une eau de papaye, la cousine Leti, qui tombe sous le charme de ce séducteur de Masimango. ..

 


On monte sur la montagne aux oiseaux (Yuku Tzaa en mixtèque) : devant nous la lagune de Chacahua et le rio Verde, de tous les autres côtés des montagnes verdoyantes, à l’ouest un magnifique coucher de soleil…  



 

On redescend pour la fête du Saint patron du village, San Pedro. Un petit orchestre, quelques danseurs, et des tamales offerts par la municipalité avec un café bien chaud et sucré, quel accueil !




Maintenant on est prêts pour la faire la fête, ça tombe bien, le barbecue est allumé sur le toit de la maison de Federico, la pâte à tortilla est bien écrasée, la viande est en train de griller, les avocats, transformés en purée et quelques instants après les tlayudas maison atterrissent sur nos genoux, savoureuses et exotiques, et les verres de tequila, de bière et de mezcal se remplissent allègrement jusqu’à ce que la fatigue du voyage ait raison de nous et qu’on aille se coucher vers 2 heures du matin.


 


Le lendemain, dimanche, petit déjeuner mexicain, chez la cousine de Cheque, une femme dynamique qui vend ses tamales et ses chiles rellenos (des chilis farcis aux légumes ou à la viande) et nous offre des enchiladas, tacos de poulet, recouverts d’une sauce au mole et de choriandre, un vrai délice…

 

 

Encore un petit tour dans la campagne tututepekienne, et il nous faut honorer l’invitation du mari de la cousine de Cheque, qui fête son anniversaire dans son rancho. Là, c’est la tequila et la purée de haricots aux olives et au fromage (frijoles charros) qui nous ouvre l’appétit, avant un barbacoa de mouton. Ce nom barbare signifie que la viande de mouton est mise à mariner dans une sauce au chile, est puis est mise à cuire au four très longtemps (originellement elle était cuite dans la terre).

 

 

On se régale, on danse, on parle, on pose des questions, on répond à d’autres, on boit. L’hospitalité mexicaine a cette immense vertu de ne jamais prendre les invités pour des invités mais pour des membres de la famille. Pas de fausse politesse, ni de petits plats dans les grands, c’est tout le monde à la même enseigne et chacun se débrouille comme il peut. Et c’est bon.

 



Le soleil se couchant, on repart dans la courageuse Zombie, qui nous mènera au bout. Ce fut un voyage de saveurs, un voyage de couleurs, un voyages de bonheur, bref, un voyage qui justifie à lui seul ma présence dans ce pays extraordinaire.

 

Par kristel lodewijk
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Lundi 25 mai 2009


La plage de la Boca Vieja, une plage qui se mérite ( dont la route pour y acceder est un chemin chaotique surtout après la pluie).


Le combi tient le coup, et on arrive vers 13 heures. L'eau de la lagune grignotte déjà celle de l'océan, et on voit bien la frontière entre eau douce (marron) et eau salée (turquoise).


Après un long bain pour moi, une séance de surf pour Lodewijk, c'est le rituel du poisson grillé et de la mariscada (salade de crevettes et coquillages crus accompagnés de tomates poivrons verts et oignons) le tout arrosé de quelques Corona et d'un café pour digérer.

 
Et puis rebelotte, rebain, resurf, jusqu'à ce que la nuit tombe avec la pluie et qu'on aille se réfugier sous les palapas pour regarder les éclairs et écouter le tonerre qui grondera pendant 4 heures. Nos rêves de camping de transforment en "nuit dans la combi", ce qui est tout aussi exotique...


Le lendemain, le ciel rose et violet porte les traces du violent orage, et dès l'aube on va marcher sur la plage. On se baigne dans une eau transparente, et chaude, on se croirait aux Caraïbes.


Les gros nuages noirs qui s'amoncellent aux alentours de midi nous effraient un peu (c'est que le Combi n'est plus de première jeunesse et il supporterait douloureusement un retour sur un chemin crevassé, et sous la pluie en plus!)


On repart donc, en prenant notre temps et de jolies photos des Bajos de Coyula, paradis des éleveurs, et des guanacastles.

 
Un week end relaxant et en même temps l'inauguration officielle de la saison des pluies 2009.

 


Avant de rentrer, on a quand même hésité un long moment à construire notre cabane dans un guanacastle centenaire... Ça donne envie, non?

Par kristel lodewijk
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Jeudi 14 mai 2009

Les photos de ce week end sont dans l’album « Vela Al Espinal »
link

Malgré le climat hypocon-paranoïaque qui règne au Mexique en ce moment, on a quand même décidé de voyager ce week end et de retourner dans l’Isthme, invités par un de mes élèves Luciano dans sa famille a L’Espinal.


Dans une chaleur torride sans air on a d’abord visité la ville de Juchitan, la capitale de l’Isthme, et son marché Caverne d’Ali Baba, aux mille couleurs et aux mille saveurs... en finissant dans une cantina, exclusivement remplie d’homme, pour s’envoyer quelques bières en écoutant de la cumbia.


La raison principale de notre venue étant une Vela. Vela ça veut dire « veillée » en espagnol, ce qui veut dire que la fête dure jusqu’au petit matin. Le mois de mai est le mois des Vela, originalement on dansait pour appeler la pluie.


L’entrée est payante pour les hommes qui doivent en outre apporter une caisse de 24 bières. Les femmes, coiffées et habillées en huipil et jupe traditionnelle colorés apportent le repas qu’elles ont cuisiné tout l’après-midi. L’idée étant de partager avec la famille ou les gens assis à côté de nous.


J’avais été coiffée et habillée par les (nombreuses !) femmes de la famille de Luciano. Lodewijk aussi était habillé pour la circonstance : un pantalon noir et une goyabera blanche.


Le bal a duré des heures, dans une ambiance chaleureuse et une chaleur à tomber. Les bières passaient presque inaperçues ! C’est vrai que les règles de bonne conduite isthméniennes veulent que « bière proposée ne doit jamais être refusée » même si on en a encore une et demi à boire ! Les deux orchestres ont joué de la cumbia et de la salsa sans discontinuer, et on a vraiment été impressionnés de la faculté innée qu’ont les mexicains de danser gracieusement n’importe quelle danse. Nous, on inventait des pas de cumbia en rigolant bien. L’heure approche de commencer à prendre des cours !



Les grand-parents de Luciano, 85 ans, ont tenu le coup jusqu’à 3 heures du matin ! Quant à nous, l’arrêt de la musique et les premiers rayons du soleil nous ont vus rentrer à la maison fatigués mais émerveillés. On avait bien vécu une Vela à Huatulco, mais rien de comparable avec celle-ci, la Vela San Juan, la vraie vela au coeur de l’Isthme.


Par kristel lodewijk
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Jeudi 30 avril 2009

( voir cet article très intéressant du journal espagnol El Paìs, qui donne une bonne idée de la situation sanitaire mexicaine, en ces jours sombres de "grippe A"...link)

Certains se demandent peut être ce que nous devenons ici au Mexique, pendant cette épidémie de grippe.

Après avoir diabolisé les vaches et la volaille, c’est au tour du cochon d’être le mouton noir de l’industrie alimentaire.  La faute aux hommes certainement, si ce simple virus de grippe animal s’est génétiquement muté pour être transmissible à l’homme, puis entre les hommes. Bref, de considération éthiques il n’est pas question au Mexique, « foyer de l’épidémie ». On essaie juste de faire en sorte que ce satané virus ne se propage pas plus en faisant croire dans les journaux télévisés qu’il vient d’Asie (ils ont bon dos ces Chinois…)

Les mesures prises sont à la hauteur de la peur retransmise à la télé par des images choc et violentes, passées en boucle : depuis lundi, toutes les écoles du pays sans exception sont fermées, les messes se font à huit-clos, les matchs de foot aussi et les regroupements de personnes sont fortement déconseillés. A Mexico, des médecins observent la gorge des clients avant de les autoriser à rentrer dans les restaurants, des caméras thermiques sont installées dans les lieux publics, c'est la parano générale.

Les gens se ruent dans les pharmacies pour acheter des masques et des gants. J’ai moi-même dû lutter pour en avoir deux, la pharmacienne de la Croix Rouge ( !) me faisant croire que le stock était épuisé, jusqu’à ce que son collègue (une bonne âme) aille chercher dans la remise  au moins 10 paquets pleins et qu’elle consente à m’en donner. On ne sait jamais, des fois que les 2 masques que je lui arrache auraient pu servir à sauver des vies mexicaines…

Donc je me retrouve depuis lundi au chômage technique jusqu’au 6 mai, sans pouvoir voyager dans le pays, parce que les déplacements en bus sont déconseillés. Le temps d’observer  la vie quotidienne de Huatulco. Ici, c’est un peu comme si de rien n’était. Certes, les commerces ont l’air un peu plus vide que d’habitude, mais on remarque aussi une nette augmentation des touristes mexicains. Quelle aubaine ce virus ! Des vacances payées, en pleine semaine, hors saison ! Comme ça on partage allègrement nos microbes avec les villages plus isolés, c’est ça la solidarité.

Rien ne vient perturber le rythme nonchalant des huatulquéniens en pleine action. Ils continuent de marcher lentement dans les rues, de faire la sieste sur le trottoir ou les bancs publics, de vendre leurs petits poulets en bois aux passants. Seule différence vraiment notoire pour nous : la piscine de la résidence, habituellement pleine d’enfants piaillant, de femmes tout habillées et d’hommes fumant et buvant des bières, cette piscine si bruyante et animée est désespérément vide depuis 3 jours.

L’info passe et repasse. A la fac, ma boite mail était inondée de courriels d’avertissements du personnel administratif, scandant les règles élémentaires d’hygiène (lavez-vous les mains avec du savon anti-bactériologique, n’embrassez personne, ne serrez pas les mains des gens, sortez avec un masque, évitez les groupes, lavez vos fruits, légumes, vaisselle, ne buvez pas l’eau du robinet…) Hygiène, hygiène, hygiène. Des trucs banals finalement, des trucs qu’on fait au quotidien, rien de bien extraordinaire.

L’ironie de la situation, le côté tragico-burlesque, c’est de se faire apprendre les règles d’hygiène de base dans un pays où l’immense majorité des habitants a déjà été victime d’infection intestinale  sévère pour aliments mal lavés ou mal conservés, un pays où les enfants des villages les plus pauvres meurent encore de varicelle ou de maladies infantiles qui n’existent plus depuis longtemps en Europe, un pays où dans les salles de consultation de l’hôpital publique, des cotons imbibés de sang et des seringues usagées trainent par terre et où il n’y a même pas de papier hygiénique ni de savon dans les toilettes, un pays enfin d’où fuient tous les cerveaux (médecine, recherche) vers les Etats Unis, faute de moyen. Espérons que ce virus leur ouvrira les yeux, parce qu’il est vraiment honteux qu’un pays aussi riche que le Mexique ait un système de santé aussi déplorable.

En attendant, nous on est coincés là. Les vols vers le Mexique sont réduits au strict minimum, voire annulés et nos visiteurs du mois de Mai, contraints à rester chez eux.  Quant à nous on se la joue Maya sous le ventilo, on attend nonchalamment l’Apocalypse, prévue pour 2012.

Par kristel lodewijk
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Mercredi 29 avril 2009

Voir l'album photos "Semaine Sainte 2009" link

Le Mexique a sorti ses plus beaux atours pour accueillir Stephanie et Vincent lors de leurs deux semaines de vacances.


Arrivés le jeudi 2 Avril, ils n’ont pas mi longtemps à décider de ce qu’ils allaient faire : plage. Le Entrega, d’abord, avec ses poissons, et le lendemain la Bocana, la belle plage sauvage où on s’est baignés dans la lagune transparente qui se jette dans la mer. Poisson grillé, soleil, chaleur et pélicans...


Le lendemain étant un dimanche, on est partis à la Ventanilla, l’élevage de crocodiles (voir Laurence et David ). Emotions fortes puisque nous avons eu la chance de voir de TRES TRES près « el Lomo Verde », (rebaptisé par nous le Borgne, pour son oeil crevé sûrement lors d’une bataille entre crocos belliqueux) le plus grand des crocodiles, le plus vieux aussi. Pres de 4 metres de long, on ne faisait pas nos malins quand il s’est approché de la petite barque... Puis on a traversé la mangrove pour escalader les branches, ça paraît périlleux mais la mangrove c’est du solide, ils s’en servent pour construire leurs maison. On apprend que les racines de mangroves sont un peu les poubelles de la lagune, et qu’elles ont su s’adapter à la pollution modernisée, puisqu’elles absorbent tout ce qui n’est pas bon pour l’eau (parasites, bactéries, algues, et même... liquide vaisselle ou lessive!!!) Faut-il s’en féliciter ou en pleurer... ?


Puis le dimanche, on est partis pour Cuernavaca (la capitale de l’Etat de Morelos, patrie de Zapata, à 2 heures au sud de Mexico), où un ami (et collègue) nous avait invités : José Marìa, Che Ma ou Pepe pour les intimes, une perle qui nous sauve de la morosité balnéaire de la station Huatulco. Espagnol, docteur en philosophie, spécialiste du tourisme spacial, passionné d’environnement, à la fois timide et à l’humour corrosif, avec ce petit cheveu sur la langue qui vous fait renouer avec l’espagnol de Castille. Sa femme Pili, toute petite femme fragile et douce, attendrissante et généreuse, est de Cuernavaca.


Passage obligé chez les parents de Pili (95 et 85 ans, des forces de la nature dans ce pays où les conditions de soins et d’hygiene sont catastrophiques...) et sa soeur Marcia. On aura droit à un dîner fait de poulet au mole (une sauce noire, préparée à base d’épices et de cacao... hum...) un petit déjeuner de gorditas (des galettes de maïs épaisses, recouvertes de tomate, fromage, et crème aigre). On mettra même la main à la pate sur une suggestion de Che Ma, avant de se faire gentillement virer de la cuisine, parce que la maman de Pili ne s’y retrouve pas !

 
Cuernavaca est une ville immense (plus d’un million d’habitants) avec son centre historique type colonial très animé, ses petites rues pavées et son intense activité culturelle, artistique et universitaire, autant dire que ça change de Huatulco. Ma foi, le tout accompagné d’un bol de gaz carbonique, d’une marée humaine, et d’une chaleur sèche à vous éccorcher le nez, ça fait un de ces bien !!!


Et puis on a aussi visité le village de Tepoztlan, un « pueblo màgico », comme ils disent. « Pueblo Màgico » c’est une appellation décernée par le ministère du tourisme mexicain aux villages et petites villes qui réunissent le plus de critères pour représenter la culture, architecture, tradition, gastronomie mexicaines. Il n’y en a que 36 dans le pays. On peut donc se l’imaginer, Tepoztlan est un village magnifique, entouré de montagnes aux formes arrondies (et parfois suggestives). Au sommet de l’une d’elle se dresse une pyramide aztèque, d’où les prêtres effectuaient des sacrifices (humains ou d’animaux, les théories se contredisent...).


Une heure de montée, en pleine chaleur (ô bonheur de retrouver cette sensation de mollets qui tirent...) et on se fait une petite pause bien méritée sur le temple, contemplant la vue qui s’étale devant nous : les montagnes, le village tout petit, et Pepe et Pili qui nous attendent en bas devant une glace.

 
Le reste du village composé de rues commerçantes colorées et d’un grand marché couvert sera de la rigolage pour nous après cette rando. On goûte aux spécialités locales dont j’ai oublié le nom : des galettes de maïs épaisses, coupées en 2 et fourrées de ce qu’on veut, fromage, poulet, maïs, poivrons... Trop bon.


Les ruines aztèques de Xochicalco nous accueillent aussi, le lendemain.










Inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, elles se trouvent au sommet d’une petite montagne, sèche, jaunie, craquante.











Des ruines refaites, car la plupart des pièces importantes a été déplacée dans les musées anthropologiques du pays. On y déambule quelques heures sous un soleil de plomb, et une chaleur paralysante. Le Serpent à Plume vaut bien une insolation !


Et puis on aura aussi mérité notre poisson grillé sur la terrasse d’un resto du joli lac de Tequesquitengo, à 20 minutes des ruines. Et puis on repart avec la petite voiture de location, qui tient le choc face aux dizaines de « topes » (les dos d’âne) qui animent la route.


Etape suivante : Taxco (Guerrero). Semaine Sainte oblige, on ne pouvait pas passer à côté des célébrations mexicaines. Surtout qu’on dit que Taxco est l’une des villes du Mexique où la tradition est la plus ancrée.


Taxco est une ville magnifique. Sur un flanc de montagne, d’architecture coloniale et montagnarde, peuplée de coccinelles de toutes les couleurs, des dizaines de terrasses à la vue plongeante sur la vallée et sur la cathédrale du Zocalo. Un climat agréable, chaud au soleil et doux à l’ombre, une petite brise fraiche, le décor est planté.
 

On avait bien commencé à échauffer nos mollets à Tepoztlan, ils nous serviront d’autant plus à Taxco. La ville de l’argent ne se laisse pas fouler si facilement. Les rues étroites montent à 60 degrés au moins, mais ça vaut le coup. On s’arrête évidemment dans toutes les boutiques d’argent, de souvenirs (ça nous fait des petites pauses au frais en même temps).

Plus tard, on se prend des verres dans le café Borda, idéalement placé au premier étage d’un bâtiment situé en face de la cathédrale si en vue...


Un plaisir de passer une heure à regarder les gens s’activer pour la fête du soir : les vendeurs de masques, croix, chewing-gums, souvenirs, les anges tenant fièrement la main de leurs parents, les fervents catholiques qui se pressent dans la cathédrale, devant les mannequins de Jésus et toute la clique.

 
Quand la nuit tombe, on mange un morceau et on s’apprête à admirer le défilé. On ne sait pas trop ce qui nous attend, on m’a parlé de flagellation et de femmes qui marchent pieds nus, mais rien de bien précis.


En fait, chaque quartier de Taxco et chaque communauté autour de la ville possède  une statue de Jésus, qu’elle apporte à pieds jusqu’au centre. Et puis des hommes et des femmes sont triés sur le volet pour représenter humainement le martyr de Jésus portant sa croix jusqu’au sommet du mont Golgotha , et surtout le don de Jésus à l’Humanité : don de son corps , de son sang, de son amour, de son âme. Les hommes et femmes qui participent à cette procession en ont fait un but dans leur vie. Tout donner à Jésus, être martyr comme lui, et aucun n’échoue.


Certains ont choisi la flagellation : ils marchent lentement, portant une croix aussi grande qu’eux, suivant le rythme du convoi. Lorsque celui-ci s’arrête, ils s’agenouillent, et à l’aide de leur fouet blanc, agrémenté d’épines et couvert de leur sang, ils se flagellent en silence et en rythme. Deux grosses plaies à vif ornent leur dos, comme une fierté. Insensibles à la douleur, concentrés dans leur foi, ils se frappent sans broncher.

Les femmes, vêtues de noir et les pieds nus, avancent aussi lentement, des chaînes accrochées aux chevilles, courbées en deux, leur visage à ras du sol, tellement bas que certaines font des malaises, leurs muscles sont contractés, atrophiés.


Et puis vient le tour des porteurs de fagots d’épines. Les bras en croix, amarrés à un fagot de branches vertes aux épines saillantes d’au moins 30 kilos, ils ne peuvent lever la tête, leur cou est cassé par le poids. De temps en temps, lorsque le convoi s’arrête, deux hommes soulèvent le fagot, pour leur permettre de respirer, et de détendre un peu leurs muscles et leur colonne vertébrale meurtris. A la fin de la procession, il leur faudra des heures pour retrouver l’usage de leurs bras et de leurs doigts, complètement occis.


Tous sont encapuchonnés, respirent mal et ne voient pas bien. La procession est censée durer 8 heures au moins. Un vrai supplice, même pour un fanatique. Les spectateurs silencieux et respectueux se serrent le long des murs pour laisser passer ces héros, certains ont installé des chaises sur leur toit pour les voir.


Malheureusement, ce moment de recueillement sera interrompu violemment vers 2 heures du matin. Une bagarre éclate, une épicerie est cambriolée, des coups de feu sont tirés par des policiers en civil, soi-disant pour calmer la foule, des chutes, des cris, des rumeurs de morts qui se propagent dans la ville comme une traînée de poudre enflammée ; on ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire. Toujours est-il que les gens rentrent en pleurs chez eux. C’est ça aussi le Mexique, ça dérape souvent au pire moment.


Le lendemain, vendredi saint, on assistera à la crucifixion de Jésus. Ca se passe à l’église. Une procession plus petite part de la Cathédrale. Plus courte, certes, mais non moins difficile. A midi, le sol est brulant comme le sable blanc des plages de Huatulco. Impossible de rester les pieds au sol sans se les brûler sauvagement. Les gens chaussés s’écartent pour offrir l’ombre aux va-nu-pieds. Arrivés dans l’église, leur œuvre est accomplie. Les martyrs encapuchonnés se prosternent devant la Croix posée au sol. Certains porteurs craquent, et crient qu’on les libère de leurs souffrances, qu’on détache leur fardeau. Tous viendront s’agenouiller devant la croix, le seul sens de leur engagement.


Et puis les Romains arrivent, avec l’ordre écrit sur un parchemin de crucifier ce Jésus, à côté des deux brigands qui grillent déjà au soleil à deux mètres du sol. La Croix est montée, les gens se signent, j’étouffe dans cette église bondée.


Un dernier tour dans Taxco pour se remettre de nos émotions et puis on quitte les montagnes pour rejoindre la plage huatulquénienne.




A l’aéroport, Lodewijk et Will nous attendent. Wil qui est venu de Lyon, et qui a visité Mexico et le Chiapas avant de venir respirer le bon air du large. Stef et Vincent, cette semaine, opteront pour un petit hôtel sur la plage de Zipolite, Wil et Lodewijk feront un tour sur les plages et à la Ventanilla, et moi je reprendrai le chemin de l’école.




On fêtera les 30 ans de Wil comme il se doit, salsa, mezcal, et Corona jusqu’au bout de la nuit, devant les regards éberlués des mexicains, tant ébahis par la couleur de peau de Wil que par son style vestimentaire des plus sophistiqués si l’on compare avec leurs shorts en nylon (dont ils se servent aussi comme maillots de bain) et leurs tee shirts aux couleur flashies (welcome to the 80’s !).


Des vacances dépaysantes s’il en est, famille, amis, fanatisme et différences culturelles, ça fait beaucoup. Mais ça permet de se tenir au jus, de se souvenir comment c’est la France, et de se rendre compte qu’on habite loin, vraiment loin de notre pays …

Par kristel lodewijk
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Vendredi 27 mars 2009

Voir les photos de l'album "Cascadas Las Brisas": link












C’était un week end où la mer était tellement déchaînée qu’on ne pouvait mettre un orteil (ni une planche de surf) à l’eau. Alors on est partis dans la montagne, à deux heures de Huatulco, dans l’idée de camper au bord d’une cascade magnifique, qu’on nous avait recommandée.
















Ce qui est bien au Mexique c’est que le moindre voyage en camionnette se transforme automatiquement en une rencontre insolite ou une anecdote amusante. Le héros de notre aventure, en l’occurence, est le chauffeur du « pasaje » qui nous amène de Huatulco à San Miguel del Puerto, tout petit village au coeur des montagnes.



Lorsqu’on arrive à San Miguel, le chauffeur se marre en nous voyant chercher du regard un lieu pour manger et nous invite chez sa mère, parce qu’elle cuisine bien et pas cher. On le suit volontier, l’estomac dans les talons après le voyage. Toute la famille, le père, la mère, la femme, les enfants du chauffeur qui ont presque le même âge que leurs oncles, nous accueille. On se mange de la viande grillée, des frijoles, des tortillas faites à la main, des mangues confites (hum...) en parlant de la France (un État des États Unis ?), la monnaie européenne (le dollar ?), le long voyage pour rentrer chez nos parents (vous passez par le New Jersey ?).



Des amis du père nous rejoignent : un sociologue qui fait une étude sur les villages du coin et qui nous prend pour des russes (bah oui comme on parle pas anglais entre nous...) ; et un cultivateur qui a pris la précaution de boire assez de bières pour pouvoir supporter son rendez-vous hebdomadaire d’alcooliques anonymes. Le chauffeur nous dit en riant qu’il va faire une petite sieste et revient pour le dessert, l’oeil hagard et la lèvre inférieure pendante.

C’est le moment qu’il choisit pour nous faire gouter le « palo de chile » : une liane, qu’on fait cuire dans de l’eau bouillante pour l’assouplir, et dont on mange la chair tiède. On goûte avec plaisir, comme toujours. En quelques secondes l’effet se fait sentir : des picottements dans la bouche tellement forts qu’on ne sent plus notre langue ni nos lèvres (ni rien) et qu’on a l’impression que nos dents tombent ; une surproduction effrayante de salive ; un énorme coup de chaud et soudain une envie de rire irrépressible, malgré la douleur dans la bouche. Ils nous expliquent (après !!!!) que cette plante psychotrope est utilisée par les femmes pour rendre les hommes amoureux et fidèles (le chauffeur nous contera plus tard maints détails sur sa vie sexuelle...). A voir la tête de notre ami, qui a l’air d’en prendre tous les jours, je dirais que cette plante soi-disant aphrodisiaque a des effets plus que ravageurs sur les connections neurologiques... On aura essayé en tout cas.

Après on remonte dans la camionnette (un peu moins confiants qu’à l’aller, du coup...) et on arrive à l’entrée du chemin, où deux enfants viennent nous chercher pour nous accompagner jusqu’au terrain où on pourra mettre la tente.



Une cabane pour la cuisine, un toit qui abrite quelques tables et deux toilettes écologiques, voila le campement. On plante la tente et c’est sous une pluie battante que nous allons voir la cascade : 35 mètres de haut, elle est belle et puissante.



Le soir on se sèche avec la famille au feu de bois et on ira se coucher tandis qu’eux, ils dorment dans leur cabane, assis sur des chaises.




Le lendemain le soleil étant de la partie, on en a profité, après un bon petit dej, pour se promener le long du ruisseau et aller se jeter sous la cascade, et même derrière...








... pendant que les enfants tordent le cou et plument le poulet qui finira dans un potage pour notre déjeuner. L’air était frais, l’eau était douce, le lieu magnifique, on en redemande...

 

Le retour se fera avec le même chauffeur qu’à l’aller, qui finira par me saouler vraiment avec ses histoires de « palo de chile » et ses projets d’aller conquérir les belles françaises avides d’étalons mexicains... Garre à vous les filles !

Par kristel lodewijk
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Samedi 28 février 2009

Voir les photos de l'album "Week end à Veracruz" : link
21 au 23 Février 2009

 

Après le carnaval de Dunkerque il y a un an, celui de Veracruz ce week end !!

 

Depuis le temps qu’on en entends parler, c’était ce week end ou jamais. Après une loooongue et froide nuit dans un bus top première classe (ah ça ils savent faire les mexicains...) on arrive de l’autre côté du pays, en plein dans le golfe du Mexique.

 

Et là, surprise. Veracruz est une immense ville (plus d’un million d’habitants) assez sale, sans charme particulier, les bâtiments datant pour la plupart des années 70-80. Un énorme port pétrochimique longe la longue avenue du bord de mer, les cargos défilent tranquillement, passant devant les grues géantes bleues et jaunes.

 



Sur le malecon (la promenade des Anglais veracrucienne) les visages sont métissés, des noirs, des bruns, des blancs, normal, c’était le port d’arrivée des bateaux de Cortez, c’est d’ici que tout est parti, les visages portent la marque de l’Histoire. L’ambiance est quand même à la frime, on s’la pète pas mal derrière ses lunettes de soleil. D’ailleurs, des lunettes, on n’en a pas vraiment besoin, puisqu’il fait un vent à décorner les buffles, de gros nuages noirs s’amassent au dessus de nos têtes pour finalement exploser en un crachin qui durera quelques heures. Dans la fraîcheur et la brise marine, au  milieu des usines, oui, on se serait vraiment crus à Dunkerque... en plein été !

 



On profite du mauvais temps pour trouver un hotel et se recoucher un peu afin de nous remettre de la mauvaise nuit...

 

La pluie s’arrète et on sort sous un timide soleil. On passe par le zocalo et ses orquestres de salsa qui jouent tous en même temps devant les restos, on ne s’entend plus manger dans cette cacophonie assourdissante. Les gens digèrent en effectuant quelques pas de danse entre les tables, c’est là qu’on se sent un peu frustrés de n’être pas si souples du bassin... Et puis on décide d’aller voir la plage.

 

Une chose est sûre, c’est qu’on ne vient pas à Veracruz pour son littoral... Une eau marron, rejetant sur le sable gris les déchets domestiques, le tout dans des relents pétrolifères. Malgré tout ça, des dizaines de tentes sont installées pour aller boire un verre ou manger quelque chose (je n’ose imaginer l’état des fruits de mer...) et les gens, croyez-moi si vous voulez, se baignent !! Sans même envisager un éventuel zona ou cancer de la peau, ils se baignent pleins d’allégresse et d’insouciance. Il faut dire que les bières qu’ils avalent depuis le début de la journée (même les enfants !) doivent les y aider... Ambiance « borrachos a la playa ».

 

Le soir, au hasard de nos pas on tombe sur le défilé de la reine 2009, un petit bar à rhum qui fait happy hour pendant tout le carnaval, un concert de salsa dans la rue, des vieux qui dansent avec toute la classe caribéenne, et finalement dans une cantina super sympa dont les serveuses entreprenantes aux formes plus que généreuses tripotent sans gène les parties génitales de Lodewijk, où on se boira des Corona jusqu’à ne plus se souvenir du prénom de la jeune femme sympathique qui passe une partie de la soirée avec nous...

 

Le lendemain, gueule de bois et pluie, on trouve la force de sortir assez tôt, et de boire des litres de Coca Cola salvateurs avant... le DÉ-FI-LÉ !


Sur le Malecon, c’est déjà la fête en plein après-midi. Les gens défilent avant l’heure, des stands passent du reggaeton, des filles à moitié nues remuent tant qu’elles peuvent un derrière qu’elles croient sexy, et ça picole et ça picole, les jeunes ont revêtu leurs habits du dimanche, des marchands ambulants vendent l’inimaginable. On se prépare pour la grande fête. On avait réservé des places tout en haut des gradins, qui vont se remplir jusqu’à en déborder. Les gens parfois se mettent à danser, je me laisserais bien tenter si je n’avais pas peur de finir comme à Furiani...



 

Après des heures d’attente, la pression est à son comble, et la police arrive pour évacuer la rue, et laisser place aux artistes. Et là, les gradins se mettent tous à chanter et siffler en même temps, une chanson destinée aux policiers qui vivent sans doute un des pires jours de l’année : « Culeros, culeros ! »

 

Enfin, voila les premiers chars. Et là, le spectacle est grandiose, même si on regrette que le Carnaval soit purement contemplatif et que personne ne soit déguisé. Les chars illuminés alternent avec des majorettes (malgré tous les efforts pour rendre cette discipline sexy et attractive, force est de constater qu’une majorette de plus de 8 ans et demi, c’est et ça restera, je pense, profondément RINGARD...) ,
des orquestres de cuivres ou de percussions, des groupes de sambas venus du Brésil pour l’occasion, et, le top du top, des groupes de danseurs (hommes) de salsa. 50 hommes, en costard et panama, qui dansent la salsa dans une harmonie parfaite... ça pète !



Les gens descendent des tribunes pour danser avec eux, l’ambiance est très joyeuse et festive, les filles se mettent à hurler et à s’évanouir quand l’acteur-star de sitcom mexicain passe sur un char en se caressant le pectoral d'un doigt sensuel et humide, hum... Une très bonne soirée, chaude et électrique, malgré le vent et la fraicheur.

 

Le dimanche, il repleut pour changer, on en profite pour se ballader un peu sous les jolies arcades des rues autour du Zocalo. Puis on va voir une dernière fois la mer (toujours aussi dégueulasse). Sur l’avenue des personnes sont attroupées : on s’approche. Un autre spectacle, l’envers du décor carnavalesque. Des touristes lancent des pièces de 10 pesos dans l’eau putride du port, et quelques hommes, en maillot de bain, plongent et essaient de les attrapper avec qu’elles ne coulent au fond. Des racleurs de vase, des fouilleurs de merde, qu’on pourrait les appeler ; du genre « jusqu’où t’es prêt à aller pour 10 pesos ? ». Ca fait marrer les badauds, pas moi.

 





On laisse le port pour aller s’ennivrer de musique dans les restos du centre, regarder danser les vieux qui ont vraiment ça dans la peau, se rendre compte que le resto qu’on a choisi est le moins hygiénique de la ville, prendre peur, s’enfuir, chercher désespérement un autre endroit et finir par manger une pizza sous vide au micro-ondes à Oxxo (chaîne de petits magasins américains asceptisés).
Ca a du bon la globalisation!

 






On ne sera pas mécontents de quitter Veracruz, même si les gens y sont plutôt aimables, les nuits chaudes et festives. Enfin, j’aurai quand même un conseil : méfiez-vous des villes qui fêtent le Carnaval, elles ont sûrement un truc à cacher...

 

Par kristel lodewijk
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Vendredi 30 janvier 2009

Voir l'album "Laurence et David" : link

Janvier 2009

Ca commence par un rendez-vous manqué à l’aéroport. Nous arrivons un peu en retard avec Lodewijk et le combi (oui c’est maintenant un membre de la famille à part entière). David et Laurence, gros pulls, pantalons noirs, foulard, manteaux à la main et grosses chaussures ont le temps d’apprécier, sous les palmes de l’aéroport de Huatulco, le choc thermique dont ils sont les victimes... Il faut dire qu’ils arrivent de Newark, où il neigeait encore le matin même, et qu’ils vivent à Paris, où il gèle comme jamais depuis un mois...


On s’approche et là, c’est le deuxième choc : le gros bide de Laurence. J’avais beau le savoir qu’elle avait un polichinelle dans le placard, n’empêche, ça met une claque de le voir en vrai.


On monte tous les cinq dans le combi et on rentre a la casa.


Première plage pour se décrasser du voyage : la Entrega, où même nous n’étions jamais allés. Une jolie plage avec des poissons qui n’attendaient que nous, et plein de paillotes pour boire des coups. Le soir ce sera plutôt tranquille, parce que le voyage les a bien calmés, nos journalistes de l’extrême !




Et puis le week end, ce sera ce qu’on fait de mieux à Huatulco : plages (la Bocana, Conejos), sieste, poisson. Un ou deux petits restos et déjà le dimanche soir, ils partent pour 4 jours à Oaxaca. 8 heures de bus, une épreuve pour Laurence qui nous fait une énorme crise d’angoisse et qui croit perdre les eaux... Résultats : un instinct maternel réveillé, et le petiot qui commence à bouger dans son ventre.


Ils passent donc 4 jours à Oaxaca, où David le cuistot prend le temps de se délecter des odeurs écoeurantes du marché couvert Benito Juarez, où pendent les viandes et grillent les oignons, et où Laurence fait la belle plante sur les pierres de Monte Alban, sous le soleil exactement. Quelques visites et achats plus tard et les voila de retour à Huatulco le vendredi matin.


J’avais pris mon après-midi, on se fait donc une fin de journée les pieds dans le sable.




Le samedi, on a décidé de partir visiter la lagune de la Ventanilla. C’est d’abord une plage en mer ouverte, comme ils disent, avec des grosses vagues, des oiseaux qui provoquent des réactions hystériques de ma part (au moins, je ne me lasse jamais, ça aide...). Et puis derrière il y a cette lagune, qui est en fait une réserve de crocodiles, iguanes et tortues.

Accoutrés de nos gilets de sauvetage, on nous prendrait presque pour des américains. Laurence, très chic, en Thelma et David en J.D, la grande classe.



On fait un petit tour en lancha, on passe près de crocodiles énormes endormis au soleil (enfn, endormis, les guides ne nous donnent pas 2 minutes si on tombe à l’eau...), sous des branches de bambou, on dérange des iguanes pendant leur sieste, les tortues posent à notre passage. Dans toute la lagune il y a environ 500 crocodiles en liberté, et quelques autres en captivité, qui ont été sauvés de leur condition d’animal domestique dans un restaurant, ou de bébé abandonné.



Au milieu de la lagune il y a une île, où on s’arrete aussi, pour manger des quesadillas (des tortillas (bah oui, quoi d’autre ??????) fourrées au fromage) et boire un bon jus de coco frais, sous le regard gourmand d’un petit renard, et d’un coati énervé, avaleur de bananes (n’y voyez pas de métaphore douteuse s’il vous plaît). Les gens sont plutôt cools, entourés de reptiles et d’humidité.


Pour nous c’est le moment de rentrer, mais on fait un détour par la plage, et on se jette dans les grosses vagues (enfin, sauf Laurence, parce que c’est quand meme assez violent...). Le taxi, qui nous attend depuis le matin, nous ramène à Huatulco et nous propose même de nous faire une petite visite guidée par Puerto Angel et Mazunte. Une autre fois peut-être, mais on apprécie la patience...


Le dimanche, c’est replage, et le soir, on ne résiste pas à la tentation d’aller se boire des coups au bar cool de Huatulco, la Crema, histoire de faire gouter quelques mezcals à David.


Le lundi, retour au travail oblige, ils se feront une dernière journée plage tout seuls et puis c’est déjà l’heure de se séparer. Un dernier resto pour le simple plaisir de rouler une dernière fois dans le combi toutes fenetres ouvertes à chanter « Le Port d’Amsterdam » pour le faire démarrer... C’est bon les potes pour ça...




Finalement, entre les plages, les restos, les petits plats de David (trop cool un cuistot à la maison !!!), la fac un peu, les apéros le soir, on a eu quand même le temps de se mettre à la page des actus françaises,  de prendre des nouvelles des potes, de chercher un prénom pour le petiot, et de chanter Mano Solo à tue-tête. Un grand moment de retrouvailles, et de dépaysement. C’est pas tous les jours que la capitale française débarque à Huatulco !! Le mardi soir on se sentait un peu seuls mais le coeur léger de cette visite rafraichissante...




Ils sont partis en emmenant avec eux la fraîcheur, la brise « hivernale » et sèche, voila l’été qui revient avec son lot d’humidité et de moustiques, galère...

Au plaisir de vous revoir bientot Lo et David avec le petiot, et de recevoir les autres potes qui se laisseraient tenter par une excursion en pays zapotèque...

Par kristel lodewijk
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Vendredi 30 janvier 2009
Une petite photo du poisson Tigre que j'ai pêché il y a quelques temps, grace au matos de pêche que Lodewijk m'a offert à Noël. Quel bonheur de pêcher son propre repas!!! Le savoureux poisson a fini au four, fourré d'aïl et de gingembre. Un vrai délice!


Par kristel lodewijk
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